Ouvrir un gîte ou une chambre d'hôtes :
le guide pour se lancer
Accueillir des voyageurs chez soi est une activité encadrée mais accessible : une déclaration en mairie, quelques règles de bon sens, un cadre fiscal à connaître, et beaucoup de plaisir d'accueil. Voici les étapes, avec les liens officiels pour chaque démarche.
L'essentiel : gîte comme chambre d'hôtes, la déclaration en mairie est obligatoire avant le premier voyageur, et depuis le 20 mai 2026 elle s'accompagne d'un numéro d'enregistrement national. Le reste (statut, impôts, normes) dépend de votre formule et de votre volume d'activité, tout est détaillé ci-dessous.
Chambre d'hôtes ou gîte : quelle formule d'accueil ?
La question n'est pas seulement réglementaire, c'est un choix de vie. Les deux formules ne demandent pas la même disponibilité :
La chambre d'hôtes
Vous accueillez chez vous, dans la limite de 5 chambres et 15 personnes : accueil personnel, petit-déjeuner, linge et ménage font partie de la prestation. C'est la formule du contact quotidien, midi et matin. Le petit-déjeuner n'est pas une option, c'est le cœur du métier.
Le gîte (meublé de tourisme)
Vous louez un logement entier et indépendant, souvent à la semaine : accueil à l'arrivée, état des lieux, ménage entre deux séjours. La gestion est plus légère au quotidien, la présence moins nécessaire, et la location plus saisonnière.
Pour creuser la différence côté voyageurs, lisez notre comparatif chambre d'hôtes ou gîte : que choisir ?
Les démarches obligatoires, dans l'ordre
Obligatoire avant d'accueillir, gîte comme chambre d'hôtes (Cerfa 13566 pour les chambres, 14004 pour les meublés), sous peine d'amende. Depuis le 20 mai 2026, la déclaration donne lieu à un numéro d'enregistrement délivré via un téléservice national : renseignez-vous auprès de votre mairie.
La chambre d'hôtes est une activité commerciale : immatriculation obligatoire via le guichet unique des formalités des entreprises, quel que soit le revenu (un numéro Siren vous est attribué). Pour un gîte, cela dépend de votre situation : vérifiez sur les pages officielles ci-dessous.
L'accueil payant de voyageurs doit être couvert : responsabilité civile adaptée, et garanties du logement revues en conséquence. Un appel à votre assureur avant l'ouverture vous évitera de mauvaises surprises.
Si votre commune l'a instituée, vous la collectez auprès des voyageurs et la reversez. Les modalités et le montant par nuitée dépendent de la commune : renseignez-vous en mairie ou auprès de l'office de tourisme.
Impôts et cotisations : les grandes lignes
Les revenus d'un gîte ou d'une chambre d'hôtes sont imposés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). En dessous de certains plafonds de recettes, le régime « micro » s'applique : vous déclarez vos recettes et l'administration applique un abattement forfaitaire. Les règles ont changé récemment, voici l'état en vigueur pour les revenus 2025 déclarés en 2026 :
| Votre situation | Plafond de recettes (régime micro) | Abattement forfaitaire |
|---|---|---|
| Gîte / meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
| Gîte / meublé de tourisme classé (étoiles) | 77 700 € | 50 % |
| Chambre d'hôtes | 77 700 € | 50 % |
D'où un conseil très concret pour les gîtes : le classement en étoiles, facultatif, a un intérêt fiscal direct (plafond et abattement nettement plus favorables). Côté cotisations sociales, les seuils d'affiliation diffèrent : au-delà d'environ 6 250 € de revenu imposable pour une chambre d'hôtes (montant 2025, revalorisé chaque année) et de 23 000 € de recettes pour une location meublée, des cotisations sont dues.
⚠ Ces montants évoluent régulièrement : vérifiez-les sur les liens officiels en bas de page, et faites valider votre situation par un expert-comptable avant de vous lancer. Informations à jour à la mi-2026.
Les règles du quotidien à connaître
Pour les chambres d'hôtes : des surfaces minimales par chambre (7 m² pour 1 personne, 9 m² pour 2, hors sanitaires), au moins 1 salle de bains et 1 WC pour 5 personnes, et les prestations incluses dans la nuitée : accueil assuré par vos soins, petit-déjeuner, linge de maison, ménage régulier.
Pour la table d'hôtes : elle reste facultative et très appréciée, mais servir du vin ou tout alcool suppose d'obtenir au préalable un permis d'exploitation (formation dédiée).
Pour tous : détecteur de fumée obligatoire comme dans tout logement, dispositif de sécurité réglementaire si vous avez une piscine, et une exigence qui n'est pas dans les textes mais fait toute la réputation d'une adresse : l'état impeccable de la literie et des sanitaires.
Combien ça rapporte ?
Méfiez-vous des promesses chiffrées : les revenus dépendent de la région, de la saison, de la capacité et du temps que vous y consacrez. Ce que nous observons sur les annonces de Chez l'habitant : la plupart des chambres d'hôtes s'affichent entre 50 et 90 € la nuit pour deux, petit-déjeuner compris, et les gîtes se louent au logement entier, à la semaine, avec de fortes variations saisonnières. Une activité de 1 ou 2 chambres reste le plus souvent un complément de revenu ; c'est à partir de 3 chambres avec table d'hôtes, ou d'un gîte de bonne capacité bien situé, que l'activité peut devenir significative. Les charges (énergie, linge, petit-déjeuner, entretien, commissions éventuelles des plateformes) absorbent une part réelle du chiffre : comptez-les dès le départ.
Faire connaître son hébergement
C'est le nerf de la guerre, et le poste où les écarts se creusent. Les fondamentaux : de belles photos (lumière du jour, literie faite, extérieurs), une description qui raconte votre maison et votre région, des tarifs et disponibilités à jour, et des réponses rapides aux demandes.
Côté visibilité, diversifiez vos canaux plutôt que de dépendre d'un seul : votre propre site si vous en avez un, le bouche-à-oreille, l'office de tourisme local, et les annuaires spécialisés. C'est exactement le rôle de Chez l'habitant depuis plus de 20 ans : une annonce à 29 € par an, sans aucune commission, où les voyageurs vous contactent en direct, avec calendrier de disponibilités et sans intermédiaire dans la relation.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer son gîte ou sa chambre d'hôtes en mairie ?
Oui, dans les deux cas, avant d'accueillir les premiers voyageurs (Cerfa 13566 pour les chambres d'hôtes, 14004 pour les meublés), sous peine d'amende. Depuis le 20 mai 2026, la déclaration donne lieu à un numéro d'enregistrement délivré via un téléservice national.
Faut-il créer une entreprise pour ouvrir une chambre d'hôtes ?
L'activité est considérée comme commerciale : immatriculation obligatoire via le guichet unique, quel que soit le revenu. Beaucoup d'hôtes exercent en micro-entreprise. Pour un gîte, tout dépend de l'ampleur de l'activité : voyez les pages officielles et un expert-comptable.
Combien de chambres d'hôtes peut-on ouvrir au maximum ?
5 chambres et 15 personnes accueillies au maximum : au-delà, l'appellation « chambre d'hôtes » ne peut plus être utilisée et l'activité change de cadre.
Peut-on servir du vin à la table d'hôtes ?
Oui, mais servir de l'alcool suppose d'obtenir au préalable un permis d'exploitation, délivré après une formation dédiée.
Faut-il un label ou un classement pour se lancer ?
Non, rien d'obligatoire. Pour les gîtes, le classement en étoiles (facultatif) offre un vrai avantage fiscal. Les labels privés relèvent d'un choix commercial, pas d'une obligation.
Les sources officielles pour aller plus loin
Les montants et seuils étant révisés régulièrement, référez-vous toujours aux sites officiels :
- Ouvrir une chambre d'hôtes (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Locations touristiques : les nouvelles règles (service-public.gouv.fr)
- Hébergement touristique et micro-entreprise : revenus 2025 (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Cotisations sociales et location meublée (service-public.gouv.fr)
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